Pais Gavouot

Testou en parla ilounsenc (gavot).

 

La mourro : un juec ?

M’en avisou, mainigouotou…M’èrou avesina d’uno pouorto escairau pèr escoutar. Toutuno, aquelo pouorto n’èro rè uno pouorto, èro « la » pouorto. Escourcho aisau ença lou mounde das omes. Auberge « Aco de Fourtunè » èro escrich, auberge dai peis.

Lou bousi’ m’aviò fach arestar, la curiosita estaire chutou. Es la pòu que m’a paralisa. Sentou lous gens bramassiar, sentou lous pougns picatar, sentou lous taulièrs tremoular. Ai pòu.

-« Pichin, rasclo vitou, aqui quarcu’ a leva disputo, van si barcelar ».

Ai saupu ben plus tardi que tout aco n’èro qu’un juec, un juec de mans, un juec de coumedians : lou juec de la mourro.

Enco, lou sèro, lous omes, après avèr trebular touto la santo journau, après avèr trampinar tant e pi mai venion, encaro un pau, faire sanguenar las mans. Si creire que n’èroun encaro rè lassos de pourtar touto aquelo misèro. Segur que la mourro faiò parti de la vido d’aqui n’amou’, èro la vido d’aqui n’amou’. Aquelo vido que vous fa toujourn passar de la fèsto ai trabai, si petar de rire e pi si plourar, la.

La mourro si jugavo ai fourn en asperant que lou pa’ levesse. Aqui faiò bouo’ embé la chalour dai fourn e l’òudour qu’emplissiò la pèço.

Si jugavo à maijou’, decaire lou fuec. Aqui lou gran-pairo amusavo lous pichins en tant que las fremos faion la couino.

Si jugavo souto lou peis. Aqui lous pastres si disputavoun la pàro sus uno mariò lauso pèr saupre qu deviò anar virar soun batèl.

Lein cado charrièro, lein cado maijou’, lein cado pra la mourro s’atuavo, belujo d’un fuec oublida.

Oiro, que siéu grané, aco de Fourtunè es bara. I’a mancou plus de pouortos escairaus e quouro m’arestou denant uno maijou’, que mi stau quièt de vòuts e de vòuts, audou plus de bramassuegnos, de picatuegnos, de tremouluegnos.

S’amuerce lou fuec das rires, brandejo just lou silensi de la televisiou’ que enduerme las aurèios e bresso las mentalitas.

Pascal Colletta, Chat d’en Ilonso

 

La mourra : un jeu ?

Je me souviens, enfant…Je m’étais approché d’une porte entrouverte pour écouter. Cependant, cette porte n’était pas une porte, c’était « la » porte. Raccourci commode vers le monde des hommes. Auberge « Chez  Fortuné » il était écrit, auberge du village.

Le bruit m’avait fait arrêter, la curiosité rester silencieux. C’est la peur qui m’a paralysé. J’entends les gens crier, j’entends les poings frapper, j’entends les tables trembler. J’ai peur.

- « Petit, pars vite, il y a sûrement une dispute, ils vont se battre ».

J’ai su bien plus tard que tout ceci n’était qu’un jeu, un jeu de mains, un jeu de comédiens : le jeu de la mourra.

Ainsi, le soir, les hommes, après avoir trimé toute la journée, après avoir besogné tant et plus venaient, encore un peu, faire saigner leurs mains. Croire qu’elles n’étaient pas encore assez fatiguées de porter toute cette misère. C’est une évidence, la mourra faisait partie de la vie de là haut, c’était la vie de là haut. Cette vie qui vous fait passer sans cesse de la fête au travail, rire et pleurer dans un même élan.

La mourra se jouait au four en attendant que le pain levât. Là il faisait bon avec la chaleur du four et l’odeur qui emplissait la pièce.

Elle se jouait à la maison, près du feu. Là le grand-père distrayait les enfants pendant que les femmes cuisinaient.

Elle se jouait sous le village. Là les bergers se disputaient la limite sur une mauvaise lauze pour savoir qui devait aller tourner son troupeau.

Dans chaque rue, dans chaque maison, dans chaque pré la mourra s’allumait, étincelle d’un feu oublié.

Désormais, chez Fortuné, c’est fermé. Il n’y a même plus de portes entrouvertes et lorsque je m’arrête devant une maison, que je reste silencieux de longs moments, je n’entends plus de cris, de tapages, de tremblements.

S’éteint le feu des rires, se consume juste le silence de la télévision qui endort les oreilles et berce les mentalités.

NARA-CERCLE |
Aide à la Moldavie |
BPJEPS LTP ASSISTANTE SECRE... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Etrépagny Autrement
| Association des Jeunes pour...
| Enfants et Santé Pyrénées L...